Un des problèmes que beaucoup rencontrent lorsque l’on parle de relations sociales, c’est ce besoin de plaire, d’avoir de la reconnaissance des autres (j’en parlais dans l’article Créer sa norme).

Et si c’est normal de vouloir être apprécié par ceux que nous aimons, qu’est-ce qui peut nous pousser à la sur-adaptation dans une relation toxique? C’est ce que j’essaie de comprendre dans cette suite d’article, dont celui-ci est la première partie. Celle-ci vise à expliquer pourquoi partir du postulat que les relations désintéressées n’existent pas.

Les relations désintéressées et l’interdépendance

Il est clair, et de nombreuses études le disent, que la solitude est très lourde à porter, parce que nous sommes des êtres sociables et avons besoin d’être en groupe. Peu d’individus vivent entièrement seuls, tout le temps, tous les jours, de manière permanente, sans aucun contact. Côtoyer des gens répond donc à un besoin d’appartenance pour tous (selon la pyramide de Maslow, qui, paraît-il, n’a jamais dessiné cette pyramide -je le sais, il m’a envoyé une carte pour Noël). Cette notion d’interdépendance est même poussée au niveau de philosophie de sociabilisation appelée Interdépendance Positive par le Dr Christophe André.

Bref, avoir des relations sociales, c’est vital. Et si ça l’est pour soi, ça l’est tout autant pour le voisin.

Avoir des relations, un besoin qui part de soi

C’est lors d’une discussion à ce sujet un jour qu’un ami m’a dit que pour lui, une relation, quelle qu’elle soit, est toujours égoïste. Ouais, c’est déprimant. Et surtout, ça s’oppose fondamentalement avec l’idées que les “bonnes” relations, sont les relations “sans arrière-pensée”. Bref, des relations désintéressées. Mais ne pars pas tout de suite, j’ai un truc intéressant à dire là-dessus.

Faisons fi des situations où on va ouvertement vers les autres parce que l’on est seul, et où on pense clairement à soi. Le plus souvent, nous irons effectivement vers les autres pour satisfaire notre besoin d’appartenance. C’est inné, tout le monde le fait, parce que l’Être Humain vit en groupe depuis des milliers d’années. C’est aussi la raison pour laquelle encaisser un rejet est si difficile.

Les relations désintéressées vs l’altruisme

Cela est aussi le cas, contrairement aux apparences, dans les situations où l’on approche nos congénères par “altruisme”, parce qu’ils ont l’air d’être seul.

Dans ces situations, préfère-t-on se raconter qu’on a laissé Bidule tout seul, ou que l’on est allé vers lui?

Nous y sommes. Les situations où l’on va vers d’autres personnes “par altruisme”, en réalité, sont des situations où l’on veut satisfaire un syndrome du sauveur (y’a un article là-dessus), ou à minima avoir une bonne image de soi. Donc l’intention est égo-centrée dans ces deux cas également, puisque c’est son karma/son estime de soi que l’on nourrit.

Conclusion : Les relations ne sont jamais désintéressées

Voici donc pourquoi on peut conclure que nos relations aux autres sont avant tout des réponses à un besoin personnel. Il n’empêche, évidemment, que l’on prenne plaisir à partager, et heureusement. Et parfois, cela nécessite aussi de soutenir ceux que l’on aime, car c’est l’une des conditions à la bonne marche de nos relations.

Mais cela ne devrait pas aller systématiquement à sens unique. D’ailleurs, c’est bien à cette flexibilité que l’on repère qui sont nos “bons” amis. Ceux avec qui on sait que le “contrat” tacite équilibre les sollicitations et les apports des deux côtés.

Si on réfléchit de cette manière, on comprend alors pourquoi l’idée de relations désintéressées n’existe pas vraiment… Et c’est complètement normal. Mais surtout, cela désacralise pas mal de fonctionnements que l’on peut avoir “parce qu’on s’en sent obligé”, “pour faire plaisir à Machin” et ce sera le sujet de la suite de cette article.

*J’exclus de cet exemple les personnes qui auraient eu des mauvaises expériences sociales par manque de compréhension du cadre ou à cause de mauvaises rencontres par exemple, et dont le besoin de voir du monde serait du même coup impacté.

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