Les limites, ou plutôt le manque de limites, est parfois la source de beaucoup de dégâts. C’est pourquoi il est important de les poser clairement. Voici quelques pistes de réflexion pour comprendre à quoi elles servent.

Homme tenant un panneau STOP

Poser des limites, c’est quoi ?

Poser des limites, c’est dire “non, ça n’est pas OK”. C’est dire que l’on n’est pas d’accord. L’autre prend conscience de ce que vous tolérez ou non. Si le commun des mortels (qui n’a pas vécu d’expérience spécifique en relation avec un manque de limite) a des normes, chacun est différent pour ce qui concerne ce qu’il accepte ou non.

Personnellement, j’ai longtemps cru qu’il y avait une “norme” et que ce qui sortait de cette norme devait être sévèrement réprimandé. Quoi de plus “normal” à ça?

Enfant, j’ai souvent entendu “Laisse faire, ils sont bêtes” lorsque je devais faire face aux autres enfants dans la cour. Mais si la solution semblait parfois marcher pour certains, qui avaient besoin de ma participation active pour m’embêter, ce n’était pas toujours le cas. Cela me permettait certes de réduire les dégâts à court terme, mais sur le plus long terme, cela m’a inculqué une forme de malveillance envers moi-même : “Ne dis rien, laisse les faire” veut dire “ne poses pas tes limites, écrase toi”.

Pourquoi c’est une stratégie inadaptée

Le problème de cette stratégie, c’est le revers de la médaille. On se révolte, on explose, on pète un plomb, et on revient avec le sourire pour recommencer un nouveau pattern. D’un point de vu extérieur, vous êtes passé du sourire à la colère noir, et c’est à rien y comprendre.

Le fait est qu’à cette période de ma vie, j’étais un feu de circulation auquel il manquait une indication. Tout allait bien, jusqu’à ce que j’explose sans prévenir. Et c’est bien là la subtilité du feu de circulation TRICOLORE. C’est qu’il y a un feu orange entre le vert et le rouge.

Laisser faire, c’est se laisser écraser. En arrêtant de dire ‘non, c’est pas OK’, parce que c’est trop fatiguant, qu’on n’aime pas la confrontation ou parce que ça à l’air de ne servir à rien, on accepte de se faire marcher dessus sans rien dire, ou en explosant par la suite. On met HS le feu orange, qui est d’une importance capitale.

Pourquoi c’est important de rallumer le feu orange

Imaginons que vous vous promenez dans la rue, et que quelqu’un que vous ne connaissez pas arrive et vous touche le visage. Quelle est votre réaction?

En temps normal, le fait que quelqu’un que vous connaissez vous touche le visage vous dérangerait-il? Auriez-vous la même réaction?

Pour la plupart d’entre nous, la réaction face à l’inconnu dans la rue sera beaucoup plus virulente que la réaction que nous aurions eu avec un proche. Pourquoi? Est-ce que cela nous dérangerait vraiment? Où est-ce qu’il s’agit là d’une action destinée à se prémunir de quelque chose de plus grave, de plus important pour nous?

En mettant un stop à l’étranger dans la rue, un feu orange, vous le prévenez que d’autres actions plus intimes ne seront pas tolérées et qu’il s’aventure en terrain miné. C’est exactement pareil pour les relations sociales. Si vous ne mettez pas de feu orange clair entre le feu vert et le feu rouge, comment votre interlocuteur peut-il savoir quand il peut s’arrêter exactement? Si il ne réfléchit pas en respectant des philosophies comme “ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse”, comment peut-il se situer? Et enfin, à plus large vision, si vous ne savez pas quelles sont vos limites, comment savez vous comment vous respecter vous-même? (et vice versa… :))

Poser des limites en douceur

Poser des limites ne veut pas dire bombarder son interlocuteur. On peut très bien les exprimer sans partir en guerre contre tout notre entourage. Voyez du côté de la CNV. N’oublions pas qu’un feu orange à un rôle d’indication. Gardez votre énergie pour les gens qui grillent les feux rouge 😉

Poser ses limites 2