Dans la suite du calendrier, voici un tour d’horizon des trois moyens infaillibles d’échouer dans ce que l’on entreprend. Prêt?

Les nouvelles résolutions

Après les fêtes, nombreux sont ceux qui veulent prendre des nouvelles résolutions, arrêter de déconner…

  • Et se mettent une pression de fou.
    “Il faut absolument que j’arrive à … (objectif beaucoup trop ambitieux) sinon…(insérer ici une croyance destructrice)”
  • Ou au contraire, font preuve d’une non-confiance en eux qui tire vers la victimisation “c’est toujours pareil, ce n’est pas de ma faute”
  • Ou d’un biais d’impuissance acquise :
    “je n’essaie plus puisque ça ne change rien”

Les 3 moyens infaillibles pour échouer

Il faut que j’y arrive, sinon…

Quand est-ce que ça peut marcher?

Admettons que votre résolution soit d’arriver à courir un marathon d’ici cet été, et que votre discours interne soit que si vous n’y arrivez pas, vous êtes fénéant.

Si vous êtes un coureur régulier, l’objectif de courir un marathon n’est pas forcément déconnant.

Cet objectif est raisonnable, à priori, si vous êtes un grand sportif. Si vous courez tous les jours, vous aurez l’entraînement suffisant, et votre musculature sera préparée pour le jour du marathon.

Et si ça ne marche pas?

Si vous avez l’habitude de zapper votre séance de sport et que vous désirez courir le marathon, c’est un bel objectif pour vous motiver…

Mais quel dégat cela peut faire à votre estime de vous, si vous le sanctionner d’un jugement tel que “si je n’y arrive pas avec le délai que je me donne, c’est que je suis vraiment fénéant/nul/etc.”? Quels autres croyances destructrices avez vous construites sur base de ce que vous n’avez pas réussi à faire? Vous rendez-vous compte qu’il ne s’agit là que de ce que vous avez décidé de croire? Est-ce bienveillant envers vous-même?

Avoir un objectif challengeant, c’est important, mais veiller à ne pas sanctionner son échec d’une croyance destructrice pour vous même, c’est encore plus important. Peut-on raisonnablement se juger sur un seul échec?

Un moyen simple de ne plus le faire, est de viser plus bas. Trouvez des objectifs intermédiaires qui vous permettront de construire vos confiance en vous, de voir ce que vous arrivez à réaliser et de ne pas tout remettre en question si vous n’y arrivez pas. N’assortissez pas vos objectifs de croyances négatives : Si vous n’y arrivez pas à ce moment là, ça prouve juste que, à ce moment là, de cette manière là, ça ne marche pas. Rien d’autre.

Raison pour laquelle il peut être intéressant de muscler votre volonté et d’apprendre à vous faire confiance avec des objectifs intermédiaires.

Je vais essayer (mais je n’y arriverai jamais, et ce n’est pas ma faute)

Cette pensée peut être une manière de vous protéger de l’échec (restez en ligne, la semaine prochaine, je vous fais un article sur l’échec). Ou une manière de vous défiler. C’est évidemment la position de victime du triangle de Karpmann.

Par exemple “je vais essayer d’aller courir tous les jours” mais vous ne vous dégagez pas de temps pour le faire. Ou vous n’y allez ni quand il pleut, ni quand il fait noir, ni quand il fait trop chaud, ni quand il fait trop froid.

Dans ce cas, on peut vraiment avoir envie d’essayer de tout coeur, tout en se mettant des barrières énormes, qu’on ne voit pas. Vous jouez un rôle pour vous faire croire que vous faites ce que vous pouvez, mais en réalité, il n’y a que vous que vous trompez. Vous “essayez” en ne vous donnant pas les moyens.

Qu’avez-vous peur de réussir et pourquoi? Quel bénéfice secondaire vous apporte ce statut de “victime” qui ne “réussit pas”? Ce sont des questions qui peuvent vous permettre de débloquer la situation. Lisez cet article sur la responsabilisation.

Je n’essais plus puisque ça ne marche pas

Dans le troisième cas, vous n’essayez plus : “Vous n’êtes pas fait pour le sport” (la croyance destructrice du schéma 1) et “ce n’est pas votre faute” (schéma 2). On a d’ailleurs tendance à carrément généraliser la course à pied à tous les sports. Tant qu’à faire. Histoire de ne pas (encore) se confronter à un “échec”.

C’est ce qu’on appelle un biais d’impuissance acquise : Vous avez des raisons de penser que vous n’avez pas de prise sur un évènement, donc vous n’essayez pas de changer la situation.

Cela est parfois vrai. À la base, c’est un mécanisme qui permet à notre cerveau de prendre des raccourcis pour réagir plus rapidement, et dans le cas du biais d’impuissance acquise, de mieux s’adapter aux situations.

Biais : Quand j’ai la corde, je ne suis pas libre de mes mouvements. Je m’accomode en attendant que quelqu’un me détache.

Dans l’idée, un biais est, par définition, difficile à voir, puisqu’il biaise notre jugement. Le cheval ne se rend pas compte qu’il est libre de trainer la chaise avec lui, puisqu’il ne bouge pas par économie d’énergie.

Mais parfois, on peut s’adapter par l’action, et connaitre ce biais permet de mieux le remarquer, et d’éviter des situations absurdes comme celle de l’illustration ci-dessous.

Conclusion

Si vous lisez cette conclusion, j’imagine que votre but en lisant cet article sur les moyens infaillibles d’échouer, n’était pas de trouver comment vous pourriez planifier votre prochain échec (auquel cas j’ose espérer que vous aurez trouvé votre bonheur plus haut). Le but de cet article était de mettre en évidence quelques manières dont nous sabotons nos réalisations d’objectif.

Pour les spécialistes de la peur de l’échec, et pour ceux qui ont fait des bonds en lisant ce mot, un article arrive la semaine prochaine sur le sujet!